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Rêverie Modo HJ Leaf ze RequinLoup

   Age : 16 Inscrit le : 03 Sep 2007 Messages : 1182 PUF : Leaf x FlyingLeaf Rang/Clan : Apprentie Guérisseuse Solitaire [x] Gosse du Vent Apprenti/Mentor : Hu, pratiquer une éviscération, puis étrangler avec des boyaux... Avertissements :
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 | Sujet: { S O N G E S * } Dim 15 Juin 2008 - 21:54 | |
|  __________________ { S O N G E S * } __________________
Sommaire * ___________ |x| Commentaires + Helena + Différence + Bang Bang [ Part 1.&.2 ]
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Dernière édition par Rêverie le Ven 20 Juin 2008 - 18:32, édité 5 fois |
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 | Sujet: Re: { S O N G E S * } Dim 15 Juin 2008 - 21:54 | |
| { H E L E N A * }
Helena. Son prénom est Helena. Si elle n’était pas venue d’une haute famille si noble et riche, peut-être qu’il ne se serait pas intéressé à elle. Tout comme un charognard, il aurait attendu, l’œil vif et perçant, qu’une nouvelle proie se présente devant lui, à moitié morte. C’était tellement plus pratique, lorsque les victimes étaient déjà affaiblies. La tâche était bien plus simplifiée de la sorte. Helena. Son prénom est Helena. Lorsqu’ils s’étaient rencontrés, elle était déjà faible de constitution. Ce n’était pas grand-chose, mais pour lui, c’était un début. Un grand pas vers la fortune. Frêle et mince, elle avait l’air d’une poupée de porcelaine – si douce et si jolie – sa peau pâle, presque aussi blanche que les Geishas au Japon, et ses yeux verts malicieux, qui semblaient lancer des éclairs lorsqu’elle était contrariée… Ses cheveux roux étaient légèrement bouclés, et lorsqu’elle secouait énergiquement la tête, ils semblaient voler autour d’elle… Lui avait tout pour plaire, des yeux bleus glacés, des cheveux noirs souple et propre, de bien galantes manières…
Elle tomba amoureuse. La famille l’adopta dès qu’il se présenta à eux, sous le prénom de Allen. Helena. Son prénom est Helena. Elle commit l’erreur de sa vie.
Aujourd’hui, Helena est mariée. Aujourd’hui, Helena est dans un lit d’hôpital, alors que ses yeux sont exorbités par des terreurs inconnues. Helena est malade, sans que les médecins sachent de quoi il s’agit. Beaucoup ont abandonnés. Seuls un persiste à lui rendre visite et à faire différentes prises de sang pour parvenir à détecter ne serait-ce une moindre, infime anomalie. Pourtant, il n’a jamais rien trouvé, et parfois, l’on peut voir un étrange sourire – à mi-chemin entre le rictus et la grimace - se balader sur son visage, malgré les mauvaises nouvelles. Helena dort énormément, pourtant, d’énormes poches noires sont creusées sous ses yeux, signe d’une certaine fatigue pour la jeune femme. Lorsque cette ancienne demoiselle qui aimait tant la vie est en éveil, elle est dans un état de dépression, ou peut-être d’hystérie constante. Nausées et vomissements s’ensuive, alors que son estomac ne contient que la nourriture déshydratée et écoeurante qu’offre de bon cœur ce très cher hôpital. Encore un peu de riz, comme hier, et avant-hier, et la semaine dernière, et… ? Non, merci, je préfère les restes des épinards en sauce béchamel de la veille, merci. Il faut inclure dans les troubles psychiques de la frêle Helena les hallucinations. Ces dernières étant sûrement la pire horreur pour la jeune femme. Elle voit alors son mari, l’air froid et hautain, sourire carnassier et trivial au visage, alors qu’il s’apprête à… À faire quoi, au juste ? Là était le problème : Allen ne faisait absolument rien, il n’esquissait pas le moindre geste pour consoler Helena. Déchiré en lambeau, brisé en milles morceaux de porcelaines, sous le soleil ardent de la folie, Helena hurlait et pleurait, tout en s’arrachant convulsivement les cheveux, criant toute sa douleur et sa haine au monde. Elle ne pleurait pas comme un enfant qui vient de perdre sa poupée de chiffon, mais comme une femme va se faire abandonné par l’homme de sa vie. Et pourtant, ils étaient toujours mariés, et Allen passait deux fois par mois dans le grand bâtiment peint en blanc pour s’assurer de son bon état. C’est assez peu. Surtout pour Helena, qui a besoin de fréquenter le monde extérieur, pour ne pas perdre le peu de raison qui lui reste. Certains se demanderont pourquoi Helena s’en fut à l’hôpital. La cause est très simple, expliquée un peu plus haut ; les crises. Elle n’était pas encore dans cet immeuble où l’on soigne les malades que déjà, son esprit était confus, entouré d’une couche épaisse de brume, qu’Helena ne pouvait pas, qu’elle n’arrivait pas à percer pour enfin pouvoir vivre sa vie. Si peu de temps après son mariage. Allen sera très bientôt veuf. Quel dommage. Ne formaient-ils pas un couple exemplaire, digne d’une famille noble et riche ?
Tandis que dans la salle d’attente incolore la riche famille se lamentait, pleurait dans des mouchoirs de soies, Julian, le seul médecin qui s’occupait à présent du cas d’Helena glissait dans sa poche un petit solide incolore et inodore qui était la cause des diverses crises d’Helena. Ce bijou chimique, cet assassin blanc se nomme Lysergesäurediethylamid. Le synthétiseur de la drogue aurait prononcé délicieusement ce mot, avec distinction et classe. Les simples médecins préfèrent nommer cette molécule LSD. Chaque jour, Julian en donnait à Helena, toutes les treize heures plus précisément. Cette merveille, cette saloperie, fut classée par l’Organisation des Nations Unies comme un stupéfiant ainsi qu’une drogue très puissante et dangereuse. Interdite. Il n’empêchait pourtant pas qu’Allen Rockway, mari de la belle et malade Helena, en possédait dans sa grande demeure. Et qu’il en donnait régulièrement à son acolyte pseudo médecin Julian. Les deux sont coupables, les deux sont complices. Le dépistage de cette drogue est particulièrement délicat, tout simplement parce que les doses disparaissent très rapidement dans le sang. Si cette drogue n’entraîne aucune mort, elle peut tout à fait entraîner un suicide ou un accident. Après ces courtes explications, vous comprendrez sûrement que cette molécule était la plus favorable pour mettre fin à la vie de Helena Standford.
Si Allen fait ceci, c’est par pur égocentrisme, simplement que Helena était un pion sur son chemin vers la Fortune. Pour lui, elle n’était rien de plus qu’un vulgaire pion, un objet qui pourrait le mener petit à petit vers ce qu’il recherchait depuis tellement longtemps… Bien évidemment, il devrait partager avec Julian, là était le contrat. Ils avaient tout les deux fait leur part de travail. Allen n’était pas méchant, il était mauvais. Depuis tout petit il avait été comme ça, et bien vite il avait su influencer son entourage, que ce soit par ses paroles prometteuses et doucereuses – aussi mortel que le venin d’un serpent se répandant dans vos veines – que par la force. Il avait toujours obtenu ce qu’il voulait.
Une fois de plus, il obtiendrait son désir. Dans les enfers, il serait le néon qui conduirait ses pions sur le dur chemin de la vie, tandis que dans le ciel, Helena sombrerait parmi les étoiles. Le mot pitié n’existe pas, le monde n’est fait que d’injustices consécutives, l’herbe se fait grignoter par le lapin, qui se fait manger par le chat, qui finit entre les crocs d’un loup affamé, qui finit tué par l’homme. Ainsi est le cycle de la vie qui n’accepte et n’inclus pas les erreurs. Les personnes qui croiront que tout leur sera servi sur un plateau d’argent sont mal tombées. Ce qui arrivera à Helena, vous le devinerez sûrement, n’est rien de bien joyeux en somme, quelque chose de vicieux et sournois, plan fourbe venu d’un stratège machiavélique et calculateur. Helena. Son prénom était Helena. Elle n’a fait qu’un seul faux-pas dans la vie, mais on ne lui a pas pardonné. On peut entendre au loin le rire d’un stratège qui a réussit son coup, qui frotte les billets verts contre ses joues. On peut entre tout près le long cri silencieux d’agonie d’une jeune femme trompée, alors qu’un médecin perfide lui recouvre le corps à l’aide d’un drap blanc. _________________
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Dernière édition par Rêverie le Sam 21 Juin 2008 - 22:47, édité 1 fois |
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 | Sujet: Re: { S O N G E S * } Mar 17 Juin 2008 - 16:05 | |
| { D I F F E R E N C E * }
La société pointe du doigt la Différence. Elle crie au scandale, à l’assassin. La société affirme qu’on a toujours le choix de prendre les décisions, et que personne ne devrait avoir le droit de critiquer l’acte, simplement parce que nous somme Libre. La société ment, la société trompe. La société se leurre elle-même, tout simplement pour avoir bonne conscience. Ne voyez-vous donc pas leur visage sauvage déformé par la haine, lorsqu’il voit une infime différence ?... Ce jeune homme ne réussira jamais dans la vie, il est noir. Tiens, on va lui jeter à la gueule des cailloux, c’est un déglingué mental, ha-ha. Quelle horreur. C’est une homosexuelle. Quelle horreur, quelle horreur !! Ce n’est pas naturel. Brandissez vos armes, chassons la différence, devenons une population uniforme ! Ensemble, tous pareil, tous superficiel. Cri sauvage et trivial s’ensuive, et ils pensent tous être civilisés, intelligents. C’est si simple de se berçer d’illusions.
Simplement parce qu’il ne possède pas la même couleur de peau, on devrait le rejeter ? Simplement parce que lors de sa naissance, sa capacité mentale s’est avérée être retardée, on devrait le lapider ? Simplement parce qu’elle aime les filles, et qu’elle en est une, il faudrait crier « Au Monstre ! » ? Mais où va le monde, que devient la Liberté ? À tous ceux qui sont racistes, homophobes, ou je ne sais quelle connerie, je m’adresse à vous. Chers vieux cons, de quel droit osez-vous juger une personne dont ne vous connaissez pas l’identité ? Est-ce un crime de que vouloir vivre comme on l’entend ? Visiblement, c’est le cas. La population d’aujourd’hui se transforme, elle change, elle se développe. Je me focalise tout particulièrement sur le sujet de l’homosexualité. Nous pouvons voir de plus en plus, de nos jours, des personnes gays, lesbiennes, ou bisexuelles. On peut souvent voir ces cas chez les jeunes personnes, les adolescents. Est-ce une simple phase, une passe temporaire, ou est-ce que cette orientation durera éternellement, jusqu’à leur mort ? Les parents se posent souvent des questions là-dessus, il s’inquiètent, s’angoissent. Tout ça pour rien. Les entendez-vous, les parents, dire perpétuellement « Tout ce que je veux, c’est ton bonheur ». Alors, pourquoi agissent-ils de cette manière ? Bon sang, pourquoi empêchent-ils le fruit de leurs entrailles d’aimer ? N’ont-ils jamais connu, eux aussi, l’amour ? C’est bien peu probable, c’est même impossible. Pourtant, ils se bornent à croire que la meilleure chose est qu’ils n’aiment pas une personne du même sexe qu’eux. Et la douleur, la douleur que leur enfant ressent lorsqu’il entend ça, est-ce qu’ils peuvent se l’imaginer, l’a concevoir ? Est-ce qu’ils ont conscience du poids, du fardeau qu’ils leur mettent sur les épaules ? La société idéalise. Les parents, plus particulièrement. Plus tard, ils auront un bien gentil gendre ou une belle-fille – selon le sexe -, ils auront plein de petits-enfants, et même s’ils ne sont pas d’accord, on s’en fou, les parents auront ce qu’ils veulent, parce qu’ils sont responsables de leurs mômes ! Mais ce qu’ils n’arrivent à s’enfoncer dans le crâne, c’est bien que leurs gosses vont les haïr du plus profond de leurs êtres s’ils continuent à les dissuader d’aimer telle ou telle personne. Mais en plus de cela, ils souffriront énormément, avec cette impression de rejet de la part des autres, de la part de leur propre famille ! Est-ce si dur que d’aimer ? Est-ce si dur que de vivre ?
Les personnes les plus âgées prétendent que la ‘normalité’ est qu’une femme aime un homme, tout comme Eve avait aimé Adam. À leur époque, il n’y avait pas tellement « d’anormalité », et ils ont à présent l’impression que cette différence pullule. Ils se sont arrêtés sur ces faits, très étrangement, tout comme s’ils ne voulaient plus du tout s’ouvrir à autre opinion, à autre avis. Putain de société coincée. Je ne vous cacherais sûrement pas mon mauvais avis sur les homophobes, mais vous l’avez sûrement déjà découvert au long de ce petit récit sans grande importance, finalement. J’évacue, et écrire sur ce sujet me permet de respirer. Pour moi, les homophobes, les racistes, et tout ceux qui pensent les mêmes conneries sur la différence sont des gens haïssable, pourtant, je ne brandis pas mes armes devant eux, je ne crie pas pour les envoyer au bûcher. Bien que, dans certaines périodes, c’est ce que j’aurais aimé faire. Mais je me rabaisserais à leur niveau en faisant ceci, or rien ne m’est plus méprisable. En outre, j’essai de les ignorer. La vie est un chemin semé d’embûches qui n’accepte pas la différence en masse. Il faut alors affronter le regard des autres et faire comprendre au monde que nous sommes peut-être différent, il n’empêchera que nous avons un cœur, des yeux, des sentiments, des intestins, tout ce qui nous identifie à être un HOMME. Nous ne sommes pas des monstres, nous sommes des HOMMES, nous avons nos opinions, nos goûts, ainsi que nos avis. Doit-on nous empêcher de vivre heureux seulement pour ça ? Non. Différence, Liberté. Deux antonymes ou synonymes ? Aucun des deux ?... La chose la plus difficile à vivre est le rejet des autres. Non, tu es différent, on ne peut plus de toi, change ou casse-toi. Ravale tes larmes et relève la tête, ceux qui te jugeront sur tes simples goûts sans même te connaître, ou en te connaissant, ne te seront pas d’une aide précieuse. « Réfléchir avant d’agir », ils te le diront souvent, ceux qui prétendront être de ton côté, et pourtant qui te dissuaderont d’aimer une personne du même sexe que toi. Ces personnes là te seront sûrement d’une grande aide, au fond. Mais il faut leur faire comprendre que tu es libre d’aimer qui tu souhaites, et surtout, que aimes vraiment cette personne, quoiqu’en dise les autres. À ceux qui te cracheront dessus, qui feront leur mauvaise langue en ragotant dans ton dos, ne fait pas la même chose, tu tomberais bien bas. Ignore-les, même si c’est difficile, ignore-les. Délaisse-les sur le chemin de la connerie, ils y resteront bien longtemps.
Et quant à ta famille, si elle ne t’accepte pas tel que tu es, tu auras toujours le choix de revenir en arrière, si tu aimes tant que ça ta famille qui n’a pas voulu t’accepter en tant qu’homosexuelle, ou de garder la tête haute et de ne pas prendre en compte les critiques de tes proches pour vivre heureux avec la personne que tu aimes. Si la famille et les amis vous ont causés beaucoup d’ennuis, de douleurs et de peines, vous n’êtes pas au bout de vos surprises, vous aurez encore beaucoup à souffrir, croyez-moi. L’acceptation en société, dans vos nouveaux terrains, que ce soit d’habitation, de travail, ou d’activité, sera toujours assez difficile. Je n’en suis pas à ce stade. Ma vision du futur est encore floue. Je ne parviens pas à m’imaginer plus tard, je ne parviens pas à imaginer n’importe quel homosexuel s’intégrer facilement dans la société. Faut-il être parfait ? Être un génie, tout comme Yves St Laurent, talentueux artiste plein de délicatesse ? Réussir notre vie deviens déjà de plus en plus incertains, devenir un génie est presque impossible, devenir célèbre dans le Monde Entier reviens à la même chose que d’être un incontestable génie, quel que soit le domaine. Cet homme de la mode ce serait fait accepté par n’importe quel homophobe? Alors que reste-t-il pour être accepté des autres ? Que devons nous faire ? Être discrets, naturels ? Certaines personnes, homosexuelles ou non, se rallieront à votre cause, ils seront vos amis, d’une aide précieuse. D’autres ne cesseront pas de vous tourmenter. Continuer de lutter. Se battre pour se faire écouter. Je n’en suis à ce stade. J’aimerais savoir...
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 | Sujet: Re: { S O N G E S * } Ven 20 Juin 2008 - 18:25 | |
| { B A N G . B A N G * } 1st part
Bang bang. Tu es mort. Dénué de toute vie, je vois ton âme s’échapper de ton enveloppe charnelle, l’air impuissant, comme si tu désirais une dernière fois dire au revoir à te proches, comme si tu voulais vivre encore une fois, une année, longtemps, jusqu’à ce que tu deviennes vieux et desséché. Ta vie fut si courte. Est-ce de moi dont je parle ? Est-ce de toi ?... J’ai peur… Cette douleur lancinante me martèle le crâne. Toc toc toc. Toc toc toc ! Les migraines reviennent me hanter, elles étaient tapies dans l’ombre et surgissent soudainement pour ne plus jamais disparaître… Elle ne veut plus me quitter, cette douleur, pour me faire comprendre ce que j’ai fait, pour me faire comprendre ce que je suis devenue, ce que je serais pour toujours… À moins que moi aussi, je sois comme toi… Ton crâne a heurté le sable, dans un affreux bruit d’œuf cassé, un bruit qui me donne la nausée… Va-t-en, va-t-en ! Hors de ma vue ! Tu me fais mal, tu me fais peur, je n’en peux plus de toute cette souffrance… Non, ne pars pas mon amour… Je crains ton Adieu… La vie nous coule entre les doigts, tel l’eau limpide de la rivière, elle nous échappe, elle ne peut pas et ne veut pas rester… Mon amour, je crois que ce soir nous allons mourir, mon petit ange… Infiniment, je t’aimerais, éternellement, nous dormirons, pour toujours, nous serons ensemble… À la vie, à la mort. Tu es la seule personne que j’aime, et toi aussi – combien de fois me l’as-tu dis, me l’as-tu promis ? Tu me l’as promis !– tu m’aimes comme tu n’as jamais aimé. Jamais plus tu ne pourras m’oublier, car ensemble, nous traverserons le temps et l’espace, ensemble… Pour toujours.
Toc toc toc. Cette fois-ci, ce ne sont pas les migraines… Non, plus de migraines pour Lucy… Elle a pris les aspirines hier soir, elle a pris l’antibiotique afin de les chasser, afin qu’elles ne viennent plus l’importuner. C’est le soleil qui brûle ses paupières, qui lui ordonne d’ouvrir les yeux pour laisser la lumière y pénétrer. Elle obéit sagement à l’Astre ardent, ses yeux océan absorbant les couleurs chaudes et douces du ciel. Bleu, mauve, orange… Toute une palette de couleur qui se partage cet espace infini. Allongée sur le sable blanc, la jeune femme semblait fatiguée, très faible… Des gouttes de sueurs ruisselaient sur son visage, puis tombaient sur le les dunes que formaient le sable. Des gouttes de sueurs ? Ou des larmes ? Non, les larmes provenaient de son rêve. Au fur et a mesure qu’elle reprenait conscience, la jeune femme aux longs cheveux épars se souvenait de sa soirée. Une main se posa soudainement sur son épaule, froide, aussi froide que la main de la Faucheuse… Lucy hurla, tout son corps tressaillant, comme si elle se réveillait d’un affreux cauchemar. Elle se retourna, tout en mettant ses mains sur son visage, comme pour se protéger d’une horreur dont elle ne connaît pas l’identité. Mais elle fut surprise en voyant que c’était sa mère, son doux visage creusé par des lignes profondes, des rides, ses petites lunettes de grand-mère tenu fermement dans sa main, le visage creusé par l’anxiété. Lucy commença à balbutier quelques mots, ne sachant que dire, elle qui s’était endormie au bord de la plage alors que le clapotis régulier des vagues la berçait doucement, comme le faisait sa mère lorsqu’elle était petite… La mère de Lucy, Caitlyn, plus communément appelée Cait’, prit doucement par la main sa petite fille, si fragile, si jeune… Si Lucy était une adulte, elle n’en restait pour le moins l’enfant de la vieille femme, et l’instinct maternel ne s’éteindrait jamais en elle. La femme âgée aux cheveux grisâtre remit doucement sa fille debout. On aurait pu se demander laquelle était la plus âgée ?... D’une part Lucy, qui semblait chancelante, sur le point de tomber, et Cait’, aussi énergique que lorsqu’elle était jeune, ses reins ne lui jouant aucun mauvais tours pour le moment. D’une voix un peu rauque, Cait’ prit la parole, remontant ses lunettes qui lui donnaient l’air d’un hibou sur son nez ;
- Allez, ma fille… Viens. On rentre. Tu n’as pas à t’en faire. Tu vas prendre une douche et tu vas te reposer. Ensuite… Blake viendra te chercher…
Sa voix était douce, chantante, apaisante. Se laissant faire, presque comme un jouet mécanique, elle tituba vers la voiture et s’enfonça, s’affala presque dans le moelleux de la banquette, fermant les yeux, tout en envoyant autour d’elle des grains de sables blancs. Et puis ce fut le trou noir, le néant. Plus rien.
- Lucy… Lucy !
La concernée étouffa un petit cri et se réveilla en sursaut, l’air tourmenté. La respiration saccadée, sifflante, elle jeta ses cheveux en arrière, puis esquissa un sourire à sa mère, qui l’avait réveillée pour lui dire qu’elles étaient arrivées à la maison. Lorsque la jeune femme aux cheveux blonds examina le bâtiment, un voile de nostalgie lui banda les yeux, pour que les échos de sa mémoire se répercutent et lui hurlent tout ce qu’elle avait pu vivre en habitant ici, tout ce qu’elle avait pu rater en partant si tôt. Mais le mal avait été fait, elle ne pouvait donc pas retourner en arrière. Claquant la portière de la voiture derrière elle, Lucy prit le bras de sa mère, comme pour s’y accrocher, puis s’avança lentement vers ce qui était son ancienne demeure. C’était une maison qui possédait un jardin, ainsi qu’une terrasse et deux étages. Un grand labrador beige aboya fort joyeusement en la voyant arriver, frétillant de la queue comme jamais. Lou, car c’était le nom du chien, montrait toute sa joie à Lucy, étant donné qu’il ne l’avait pas vu depuis bien longtemps.
- Calme-toi, Lou. Conduis-toi avec un peu de classe, je te prie. Comme les chiens du Monde, Lou.
À ces paroles, le chien bomba le poitrail en posant son arrière-train sur le sol, puis leva doucement la patte, sa langue pendant dans le vide. Mais sa queue fouettait toujours l’air avec joie. Si Lou était un joueur de poker, il serait sûrement très mauvais. C’est ce à quoi pensait Lucy Redman en cet instant, et elle se mordit l’intérieur des joues pour ne pas avoir à faire une de ses crises de fou rire. Ce serait très mal placé, dans les circonstances. Et puis, si elle parvenait à rire, elle sentait qu’ils se transformeraient en sanglots. Epuisée, elle se laissa conduire par sa mère dans le salon, et elle s’affala sur le canapé en cuir du spacieux salon, la baie vitrée donnant une vue agréable sur le jardin. Sa mère posait des questions, mais Lucy n’entendait rien. Seulement ses paroles qui résonnaient furieusement dans sa tête, seulement ses paroles qui venaient pour la torturer et pour lui rappeler que plus rien ne serait comme avant. Avait-il jamais pensé à elle, dans le fond, cet égoïste ? Avait-il pensé à ce qu’elle deviendrait, à présent, sans lui, alors que son cœur lui appartenait ? Il avait pourtant promit… Il avait juré, à la vie à la mort, sans rien pour les séparer… Mensonges, mensonges ! Il s’était emparé de son cœur pour mieux le déchirer en lambeaux par la suite !
- Lucy ? Lucy, tu m’écoutes quand je te parle ?
Interloquée, la jeune fille aux longs cheveux épars fixa sa mère, mal à l’aise. Combien de temps ne lui avait-elle pas parlé, si ce n’était au téléphone ? Dix ans ? Peut-être plus ? Lucy n’avait pas le moral à faire des mathématiques pour le moment. Hésitante, elle hocha la tête en signe d’approbation, puis promena rapidement son regard sur le salon qui empestait les bons souvenirs. Son jean délavé été troué par endroit, et à ces endroits troués, on pouvait remarquer des écorchures, des égratignures. Sa mère s’éloigna, l’air inquiète, puis revint quelques instants plus tard avec un flacon de « Mercurochrome » et des cotons, tandis que Lucy caressait avec douceur la tête du chien Lou.
- Eh bien, tu t’en ai fais, des vilaines blessures, grinça la dame âgée en appliquant avec soin le désinfectant, tandis que sa fille grimaçait de douleur. - Moui… - Ah. Voilà, j’ai fini de désinfecter… Que tu es douillette, nom d’un chien… Pardon, Lou. Tu as faim, Lucy ? - Euh… Non, merci, Maman. - Bien. Alors, es ce que tu peux me dire ce qui s’est passé pour que je te retrouve dans un état pareil, sur la plage ? Tu ne peux pas t’imaginer à quel point j’étais inquiète lorsque tu m’as appelé et que tu ne répondais même pas ! J’ai pris tout de suite ma voiture et je suis venue aussi vite que j’ai pu… Lucy ?!
Aussi fragile qu’un nouveau-né, la jeune fille à la chevelure d’or était secouée de sanglots silencieux, sa poitrine se soulevant doucement. Sa mère, incertaine, approcha sa main des cheveux de sa fille, n’étant point certaine de pouvoir encore lui montrer son affection. Mais Lucy prit les deux mains de la vieille dame qu’était sa mère pour pleurer dessus, faisant le moins de bruit possible. Si Caitlyn ne comprenait pas la raison de ces larmes, la jeune demoiselle, elle, la connaissait. Elle qui aurait cru que ca durerait longtemps, elle s’était fait avoir comme un môme ! Lucy pensait vivre longtemps avec Blake. Peut-être auraient-il pu avoir un gosse ensemble ?... Et ils seraient heureux dans une belle maison. Mais non, mais non ! Réveille-toi, gentille Lucy, naïve petite fille… Ces merveilles ne se produisent que dans les contes de fées… Et il ne faut pas espérer que cela arrive dans la vie réelle. Blake avait trouvé quelqu’un d’autre. Une autre femme. Lorsqu’il le lui avait dit, elle s’était sentie nauséeuse. Pourtant, il n’avait pas le droit ! Ils se l’étaient promis ! Pour toujours !... Ce n’étaient que des paroles en l’air, alors ? Des foutaises, des mensonges ?!... Blake ne comprenait donc pas que Lucy ne pourrait plus aimer un autre homme de sa vie, si ce n’est lui, ce grand gars aux yeux aussi éclatant que l’émeraude, aux cheveux châtain cendrés si soyeux ? Lui qui avait réussit à la faire sourire, à la faire rire… À l’aimer. Lucy renifla, honteuse de pleurer ainsi devant sa propre mère, honteuse de ne pas pouvoir cacher toute sa souffrance. Lors de sa majorité, Lucy s’était enfuie de chez elle, sans rien dire. Avec cet homme, l’homme de sa vie, Blake. Depuis ce jour, dix années s’étaient écoulées pendant que Lucy ne passe que des coups de fils à sa mère, qui vivait seule avec Lou’. Depuis ce jour, Lucy ne l’avait revu que dans ses souvenirs. Caitlyn avait toujours pensé que Blake n’était pas l’homme qui lui fallait, voilà pourquoi elles ne se revoyaient plus. Caitlyn décelait en cet homme quelque chose de fugace, d’éphémère. Et elle l’avait dit à sa fille, laquelle s’était mise en rogne et n’avait plus reparlé à sa génitrice depuis ce jour. Lorsque Lucy cessa de hoqueter, elle commença à raconter sa soirée au Sunrise’s Bar depuis l’instant où Blake lui annonçait qu’il en aimait une autre, en passant par le moment où il lui donnait le double des clefs de leur petit appartement. Alors tout est fini… Et alors elle s’était saoulée pour tout oublier, avait pris des aspirines en même temps, et comme une ivre morte, elle avait rit et pleuré tel une détraquée solitaire sur la plage, avant d’appeler sa petite maman. Lucy songea que sa mère serait bien satisfaite de cette séparation, et qu’elle irait jusqu’à lui faire la morale, mais elle se contenta de la cajoler et de la consoler, ses yeux bleus glacés et ternis par le temps au bord des larmes. Ce qui lui laissa place à un profond sentiment d’écoeurement envers elle-même. Comment avait-elle pu penser ça ?... Sa mère, si pure, si gentille, si douce… Cela lui donna encore plus envie de pleurer, et elle ne se retint pas, s’agrippant presque désespérément à sa mère, enfouissant sa tête dans le t-shirt de sa mère qui sentait les cookies encore chaud. Et elles restèrent longtemps ainsi. _________________
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 | Sujet: Re: { S O N G E S * } Ven 20 Juin 2008 - 18:26 | |
| { B A N G . B A N G * } 2nd part. THE END.
Lorsque Lucy se réveilla, les murs dans les tons crème sur salon avaient prit une teinte mauve, avec en tant que tapisseries divers posters de groupes Rock. Elle s’était donc laissée abandonner à l’emprise de Morphée. La jeune femme se releva, somnolente, s’extrayant de son lit pour aller dans la cuisine, alors que Lou’ émit un joyeux jappement pour l’accueillir.
- Salut, Lou’. Cait’ n’est pas là ?...
Nouveau jappement, puis un petit couinement. Et en effet, elle vit un mot sur la Table à Manger, comme quoi Cait’ était partie pour faire des courses. Lucy eut un petit sourire en repensant à leur soirée de la veille. Après avoir longtemps pleuré ensemble, Caitlyn avait ressorti les vieux albums de familles où son père était encore jeune. Jeune et vivant. Mais à cause de cette saloperie de cigarette, il avait eu un cancer. Son sourire s’estompa puis Lucy décida d’aller prendre une douche pour se rafraîchir, l’appétit coupé. Une fois cheveux lavés et corps savonné, la demoiselle prit un peignoir pour se réchauffer, et alla chercher dans la chambre de sa mère une pince à épiler ainsi que de la crème hydratante – elle n’en trouvait pas dans la salle de bain, visiblement. Le lit deux places qu’elle partageait autrefois avec Wayne, son père. Plusieurs cadres, avec des photos anciennes, où se retrouvaient les visages souriant de la petite Lucy aux cheveux d’or comme le blé, du Papa Gâteau et de la Maman Clown. Des photos de leur mariage, aussi. Lucy caressa le cadre d’une photo sur une petite table de chevet, puis ouvrit curieusement un des tiroirs. Etonnée de ce qu’elle y découvrit, elle eut un mouvement de recul, le souffle coupé, l’air surprise et inquiète. Un flingue. Un Magnum 357. Subjuguée et anxieuse, désirant toucher l’objet et le jeter à terre, la curiosité et l’envie l’emporta sur le reste et Lucy prit l’objet entre ses mains, fascinée. Elle referma le tiroir, gardant le pistolet avec elle, puis alla s’habiller rapidement. Elle prit un de ses nombreux sacs usés en bandoulière qu’elle portait lorsqu’elle était « jeune et rebelle », se demandant pourquoi sa mère cachait-elle un pistolet dans son tiroir. Peut-être était-ce à son père, qui lui avait alors laissé ? C’était l’explication la plus plausible aux yeux de la jeune femme à la chevelure dorée comme les épis de blé. Et tu pourrais l’utiliser pour le tuer. Il t’a fait du mal après tout. Il t’avait promis ! Foutaises, balivernes ! Mensonges, Mensonges ! Lucy eut un hoquet de surprise. Elle rangea le pistolet aussi rapidement que ses mouvements le lui permettaient – c'est-à-dire très lentement – dans son sac en bandoulière. Elle faillit demander qui avait parlé, ou peut-être prendre ses jambes à son cou, mais elle sut très vite que ce n’était que sa voix. Sa voix intérieure. La jeune femme frissonna, comme si une brise glacée avait soufflé sur elle. Pourtant, cette voix semblait terriblement accueillante, et elle fascinait Lucy. Propositions exquises… Lucy secoua la tête en tremblant. Elle ne savait pas ce qui lui arrivait. Prenant un fruit sur son passage, la jeune femme décida de sortir pour se rafraîchir les idées. Son esprit était toujours assez embrumé, et elle n’avait pas l’impression que son cerveau s’était entièrement réveillé. Ses gestes étaient lents, comme si Lucy était rouillée. Décidant de prendre un bol d’air frais par ce temps grisâtre, alors que des nimbostratus menaçaient d’éclater d’un moment à l’autre pour déverser de l’eau sur la population de cette petite ville, Lucy se dirigeait en baillant vers la grande plage de sable aussi blanc que la neige. Comme apeurée, la mer s’était reculée, laissant des coquillages et des crustacés enfouis sous le sables humides. C’était la marrée basse. Beaucoup plus loin, on pouvait cependant voir la mer s’avancer et reculer avec un doux bruit de clapotis, et l’on pouvait entendre d’ici le rire moqueur des mouettes. Lucy ne voyait presque personne. Toute la population de la ville s’était sûrement mis dans la tête qu’un temps aussi attristant ne valait pas la peine d’être regardé, et par conséquent, mieux valait rester chez soi à se vautrer dans le canapé et à regarder la télé en bouffant des chips. La plage n’était pas une petite crique, mais semblait s’étendre à perte de vue, comme un grand désert. La jeune femme aux yeux océan, sans se poser de questions, le regard vide et l’air rêveur, marcha comme le fait un zombie, sans but précis, sans destination finale. Elle n’avait besoin que de marcher. Elle ne voyait personne, elle n’écoutait que le son de la nature, la douce mélodie provoqué par les vagues, le doux ricanement des goélands et des mouettes. Elle n’entendait même pas le cri de l’homme qui la poursuivait derrière elle. Soudainement, Lucy trébucha vers l’avant, car une personne venait de brutalement la pousser, peut-être pour l’écarter ou la retenir, elle n’aurait pas pu savoir. Ses yeux lançants des éclairs, Lucy se retourna, et lorsqu’elle ouvrit ses lèvres pour prendre la paroles, elle le vit, lui. D’un coup, elle semblait ne plus du tout retrouver les mots dont elle voulait se servir. Blake. Ce dernier marmonna élégamment alors que Lucy retrouvait peu à peu la fonction de sa voix ainsi que les mauvais souvenirs, et les sanglots firent à nouveau surface.
- Bordel, tu cours vite, Lucy… Tu pleures ?! Oh, non… Lucy… Je t’ai déjà dit qu’il fallait que tu m’oublis… - Alors pourquoi m’as-tu cherché, idiot !?
Lucy sanglotait, désespérée. Blake bredouilla quelques mots d’excuses, rougissant. Mais pourquoi revenait-il sans cesse la hanter ? Qu’il s’en aille une bonne fois toute ! Ou alors souhaitait-il vraiment la faire souffrir. Une vague déferlante de haine s’empara d’elle. Tremblante de colère, son t-shirt se soulevant à cause du Vent qui sifflait à ses oreilles, Lucy voulut s’emparer de son pistolet pour le tuer.
- Ecoute, Lucy… Je n’aurais jamais du te dire que toi et moi, ca serait pour l’éternité. Tu sais, quand on s’aime bien, on dit un peu n’importe quoi… Tu comprends ?
Quand on s’aime bien ? Du n’importe quoi ?... La jeune femme à la chevelure d’or voulut s’humecter ses lèvres desséchées, mais elle ne fit que se mordre profondément la lèvre pour laisser un filet de liquide écarlate couler le long de son manteau. Elle tremblait de colère et de rage, alors que sa mâchoire était secouée elle aussi de violente convulsions. N’écoutant que les voix qui lui soufflaient des idées morbides, ne se maîtrisant plus, Lucy sortit le Magnum de son sac en deux temps trois mouvements, puis le braqua sur son futur défunt petit ami. Elle pleurait, mais voyait tout à fait correctement, tenant son pistolet à deux mains. Le jeune homme aux cheveux cendrés avait les yeux écarquillés par la surprise et par la terreur, puis il mit ses mains en l’air pas réflexe, et il balbutia, aussi blanc que du linge ;
- To-tou-tout doux, Lu-Lucy… Tu-tu… Tu sais ce que tu fais avec ce revolver ?...
Lucy émit un petit rire ironique, étouffé par des hoquets et des sanglots. La demoiselle avait l’air plus que sérieuse. Alors que personne n’était là pour témoigner de ce crime amoureux, Lucy enleva le cran de sûreté, lui prouvant qu’elle était prête à appuyer sur la détente.
- Blake, je t’aime ! À en crever ! Et toi, tu cours après des chiennes en chaleurs ?! TU M’AVAIS PROMIS ! On doit toujours tenir ses promesses ! Je t’aime, et toi aussi ! Pour toujours, Blake ! - Non, Lu… !
Mais Blake n’eut pas le temps de finir sa phrase précipitée, car soudain, tout devint noir et blanc, sa vision des choses sembla s’embrumer d’un seul coup, et lorsqu’il leva les mains vers ses yeux pour se les frotter, il vit qu’elles étaient maculées de sang. Et une douleur atroce lui transperça la poitrine. Il voulut hurler, mais n’émit qu’un petit gémissement, alors que des bulles de sangs se formaient lorsque sa bouche s’entrouvrit. Lucy se laissa tomber sur les genoux, soulevant un léger nuage de sable, puis rit comme une détraquée, le souffle saccadé. Le cadavre de son défunt amour heurta le sable dans un étrange bruit d’œuf cassé – le sable n’était-il pas censé amortir sa chute ? Ce bruit… Quelle horreur – et la jeune femme aux longs cheveux d’or pointa le Magnum sur sa tempe, retirant une nouvelle fois le cran de sûreté.
- Je vais te rejoindre, mon Amour… Attends-moi !… À la vie, à la mort, Blake…
Le rire des mouettes s’estompa d’un seul coup, alors qu’un coup de feu retentit à nouveau dans la petite ville. Le soir même, les policiers retrouvèrent deux cadavres étendus sur le sable aussi doux que la soie et blanc que la neige. _________________
x. MUSE Libera me... From hell. x. BLADE Let me breathe.Cliiik & see! & look in the spoil <3 |
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